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De Mères A-mères est un blog ouvert pour recueillir vos textes, vos cris. Disponibles en lecture, ils seront présentés sous forme d'un cahier Doulas de France mais aussi pour certains, utilisés lors des Journées des Doulas les 8, 9 et 10 mai 2009. Les textes sélectionnés seront slammés ou représentés par les artistes invités aux journées, tout au long de l'évènement.
Ces textes expriment l'émotion d'une femme, d'un homme, d'un individu, et pourront résonner en vous, vous surprendre, vous choquer aussi. La parole est aux vécus individuels, et ne reflète pas l'opinion de l'association Doulas de France, sinon le choix de libérer ces mots, de pouvoir enfin dire.
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De mère amère, laisse-moi te dire les maux...
De mère à mère, laisse-moi te dire combien c'est chaud
De mères amères, laisse-moi te dire les mots
De mère à mère, laisse-moi te le dire haut
Car mère amère tu sens... Ce qu'ils ne savent pas

Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /Fév /2009 14:12
 

Je ne sais pas si c'est l'arrivée de l'automne ou la fin de notre allaitement qui me rend si nostalgique.

Je repense beaucoup à tous ces instants intenses: la découverte de la grossesse, l'annonce des triplés avec l'incapacité de pleurer ou de rire de donner la vie 3x. La grossesse, à la recherche constante d'un équilibre fragile. L'accouchement : même si il était à l'opposé de notre envie de départ (mettre au monde notre 4ème bébé à la maison), nous retrouver au bloc n'a pas entamé notre bonheur d'accueillir tant de vie.

Sont venues les premières heures, semaines, la découverte de nos bébés, redonner des repères à notre nouvelle famille...


Pour moi, la grossesse, l'accouchement et l'allaitement forment un tout. Une seule et même étape dans une vie. Et je sais que c'était la dernière fois pour moi.
Je suis nostalgique car je le vis là, tout de suite mais je sais que comme pour chacun de mes bébés, cette étape restera indélébile.


Cela fait quelques semaines que je m'aventure, que je m'éloigne de mes bébés quelques heures, quelques kilomètres. Mais je savais qu'à mon retour, je me connectais à nouveau à eux grâce à l'allaitement. Maintenant, il faut créer un autre lien, d'autres retrouvailles. Ne vous y trompez pas, c'est moi qui ai décidé du sevrage, qui ai souhaité me retrouver mais ça n'enlève pas le sentiment mitigé de la fin de quelque chose.


Jusque là, je disais volontiers "j'ai 3 grands enfants et 3 bébés", et maintenant: " j'ai 6 enfants,  mes 6 amours"...


Fabrina

Par Mères Amères - Publié dans : Allaitement
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Vendredi 30 janvier 2009 5 30 /01 /Jan /2009 00:05


Et bien pour moi, c'est à peu près ce qu'il s'est passé et depuis vendredi dernier, je me sens redevenir femme et non plus simplement mère, bien que pour les kilos en trop, les traces des grossesses aient fait des ravages, mais c'est un autre sujet.
En effet, après ce temps béni de l'attente, où l'on sent ce bébé encore inconnu bouger. Où le je est un peu flou, puisqu'on est deux sans être nous. Après ce rite initiatique où la douleur immense, qui vient à chaque contraction, qu'on ne peut pas repousser, que les autres ne peuvent pas partager. Et puis après, cette eau qui s'échappe, quelques minutes et le bébé est là, je n'ai plus mal, c'est fini, mon bébé est là.
Et ensuite, ce temps où le corps somnole, où les hormones dominent, où l'allaitement est omniprésent. Pas de rythme, celui du bébé est anarchique, pas de lunes, sommeil haché, siestes grappillées dans la journée. Et puis un jour, le bébé commence à manger, à manger quelque chose qui ne vient pas de nous, et le pire, c'est qu'il apprécie. Un biscuit, un fruit, une purée. Et quelquefois des miettes, car ce bébé est à quatre pattes. Comme un nouveau printemps, comme une nature qui s'éveille, un flot qui s'écoule. Qui aurait pu donner la vie, mais non, ce sera pour la prochaine fois, ou pour la fois suivante encore.
Encore un peu de temps. Un bébé, même à 9 mois, est encore petit. Encore un peu de temps pour lui. Pour le porter, pour le câliner, pour l'allaiter, pour le voir s'éveiller comme une fleur qui s'ouvre et qui nous montre ses pétales, un à un, chaque fois plus beau que le précédent.
Faut-il le regretter, ce temps hors du temps où l'on est tout à son bébé ?
 Non, je ne le crois pas, pour moi, il a fallu 9 mois, c'était plus que la dernière fois, mais je l'ai pris comme un cadeau, comme une parenthèse dorée, pour moi et mon bébé.
Depuis vendredi, la petite coupe est réapparue, elle était la bienvenue, son heure était venue.

Isabelle de Solages

Par Mères Amères - Publié dans : Maternage
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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 19:20
De mère amère, laisse-moi te dire les maux...
 
Tu sors de chez ton gynéco, Dieu le Père
On doit te déclencher, t'es à deux semaines du terme
Pour bien accélérer les choses, et à tout hasard
Toucher,  décollement des membranes et tout l'bazard
 
Contractions à la minute mais faux travail
Deux allers-retours, trois heures de monito plus tard
Sur le sol de ta cuisine, la flaque, le Graal
Qui te pousse à te précipiter à l'hôpital
 
De mère à mère, laisse-moi te dire combien c'est chaud
 
On t'infantilisera immobilisée
On te traitera sans aucun respect
On te dira jusqu'aux cuisses comment écarter
 
Et toi, en bonne femme occidentale,
Tu trouveras cela normal,
Jusqu'au vagin écorché, tu trouveras tout banal
L'épisio, passage obligé, c'est écrit dans 9mois
Combien de chiennes, les vetos  coupent comme ça?
 
Tu voudras allaiter, c'est bien, c'est ton choix
Au bout de dix jours grâce au pédiatre tu connaitras
Toutes les marques de lait, de Guigoz à Milupa
Faut l'habituer tôt
Tu reprends le boulot dans deux mois
     
De mères amères, laisse-moi te dire les mots
 
T'es pas une mauvaise mère, on t'a juste menti
On t'a promis les plus beaux mois de ta vie
Tu en ressors hagarde, blessée, meurtrie
C'est pas toi, c'est le système occidental
Enfin, surtout en France, et surtout à l'hôpital
 
De mère à mère, laisse-moi te le dire haut
 
T'es pas incapable, t'es juste pas informée
Et si toi tu l'es, eux ne le sont pas
Et s'ils le sont, ils jouent la mauvaise foi
Ce sont des médecins, tu sais, mais bats-toi
 
Car mère amère tu sens…Ce qu'ils ne savent pas

Stéphanie Favreau-Perfetti
Par Mères Amères - Publié dans : Naissance
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